GEORGE FLOYD : LES PAVÉS DE BONNES INTENTIONS

L'ENFER2

Donc aux États-Unis, un homme noir, George Floyd meurt suite à une arrestation extrêmement brutale et une manœuvre hautement suspecte : le genou du policier est calé pendant plus de huit minutes sur le cou et non sur le dos de la personne appréhendée, ce qui est manifestement une bavure, très certainement une aubaine pour les démocrates et les mondialistes (Mondialisme, nouvel ordre mondial, gouvernance globale, à ne pas confondre avec mondialisation) et peut-être une mise en scène, car la thèse du crime commandité n’est pas à exclure. Cela ne change d’ailleurs rien aux conséquences.

Comme on l’a vu à Argenteuil récemment, plusieurs nuits d’émeutes et de vandalisme après qu’un jeune crétin s’est tué en faisant du mono-roue sans casque, l’antiracisme ne s’embarrasse jamais de vérité. 

Rien ne prouve donc que George Floyd ait été victime d’un crime raciste, mais qui s’en soucie ? des manifestations et des émeutes s’en sont suivi, encouragées  et excusées par les gauchistes de toutes obédiences, infiltrées par les antifas financées par George Soros, un “philanthrope” qui, il y a quelques années, a failli mettre la Banque d’Angleterre, donc tout un pays, sur la paille et qui est le premier à admettre qu’un système qui lui laisse toute latitude pour nuire est un système malsain.

Au cours de ces manifestations, des blancs sont passés à tabac,  tandis que des  commerçants, noirs ou blancs, voient leur magasin saccagé. Depuis des années, nombres de noirs aux États-Unis protestent contre ce mouvement toxique – promouvant le mensonge, la haine et la division – qu’est Black lives matter. Alors qu’un Joe Biden vient de lancer à la face d’un animateur noir : « Vous n’êtes pas vraiment noir si vous ne votez pas pour moi ». Commentaire profondément insultant. Mais il ne faut peut-être pas trop en vouloir à un vieillard aux mains baladeuses (voir sur Youtube les vidéos où ils tripote des petites filles devant des caméras lors d’événements officiels) et au cerveau en capilotade.

Ce qui prouve pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris que les véritables racistes, s’il faut en désigner sont les Démocrates américains, qui réduisent les personnes à une appartenance communautaire. En Europe, cela s’appelle des gauchistes – à ne pas confondre avec “personnes de gauche”.

À un journaliste qui lui a demandé ce qu’on peut faire contre le racisme, l’acteur Morgan Freeman a répondu : « Arrêtez d’en parler, et commencez à me considérer comme une personne plutôt que comme un noir. » C’est une bonne proposition. Il y en aurait d’autres… 

Pour revenir à nos moutons noirs antiracistes…

Dans la foulée des émeutes à Minneapolis, une manifestation est autorisée à Bruxelles par ce bêta profond de Philippe Close, bourgmestre de la ville. 

L’autorisation est d’une parfaite incohérence avec les messages martelés par les organes de propagande depuis le début de la “pandémie” de covid-19 (mais de cela il ne faut pas s’étonner) ; les guillemets ne sont pas ici pour nier son existence, mais sa gravité, gravité qui a été retirée des critères de l’OMS pour valider l’emploi de ce mot afin de pouvoir manipuler les populations par la peur ; dans quel but ? celui d’enrichir tous ceux qui tirent des avantages financiers des vaccins, c’est-à-dire, entre autres, 80% des sources de financement de l’OMS. Le Journal Le Monde me traiterait de complotiste. Le journal Le Monde a reçu l’année dernière plus de 4 millions d’euros de la fondation Bill and Melinda Gates. Fondation Bill and Melinda Gates qui est le premier bailleur de fonds de l’OMS. 

Contrairement à la France, on a pas eu besoin d’auto-attestation à Bruxelles pendant le confinement mais les voitures de police ont patrouillé à 15km/h dans le centre pour nous dire de ne pas “stagner” ni de nous asseoir sur les bancs (la police patrouillait en voiture même dans les parcs), tandis que les marchés à ciel ouvert étaient fermés mais les supermarchés, confinés… ouverts. Tandis qu’on risquait une amende de 250 euros si on rencontrait ses amis, sa famille. Amende illégale, anticonstitutionnelle. Il faut être juge pour se permettre de l’ignorer.

Ce n’étaient pas les raisons d’interdire la manifestation qui manquaient. La manifestation visait donc le “racisme d’état” ou “racisme systémique” (l’invention de concepts permet à ceux qui les brandissent d’avoir toujours raison, selon les recommandations de Schopenhauer, puisqu’on ne peut pas prouver que quelque chose qui n’existe pas… n’existe pas) et contre le “racisme policier”. 

Violences et émeutes ont suivi, environ deux heures plus tard, comme tout le monde aurait pu s’y attendre,  sauf le bourgmestre Philippe Close trop occupé qu’il était à insinuer que les opposants à l’autorisation de la manifestation étaient forcément suspects ; vous n’avez pas d’arguments ? La calomnie, l’insinuation, ce n’est pas pour les chiens… C’est pour les bourgmestres. 

La REUTEUBEUFEU (RTBF) titrait il y a deux jours 37 policiers blessés après la manifestation anti-racisme de Bruxelles: un préavis de grève déposé.

Quand on voit des hooligans, d’origine majoritairement africaine, lancer des projectiles sur des camions de police, il faudrait apparemment continuer à en déduire que la police est raciste. Et non que les hooligans se sentent au-dessus des lois. La police en a quand même interpellé 150 environ. 

Cinq minutes de ce qu’il faut appeler “reportage” dans un emploi frelaté, suivis par l’intervention d’une co-organisatrice de la manifestation Mireille Tsheuzi-Robert, qui a droit à la moitié du temps d’antenne sur le sujet. Aucun représentant de la police n’est invité pour contredire celle qui vient devant les caméras nationales revendiquer son appartenance à une race de victimes (les “racisés, comme les appellent les antiracistes qui disent que les races n’existent pas). La priorité reste de culpabiliser les blancs, chez qui le racisme est bien sûr enraciné… à se demander quel masochisme pousse tant de noirs et de nord-africains à rester en Europe. 

Ainsi Mireille Tsheuzi-Robert se demande « pourquoi les casseurs cassent-ils » essayant de les comprendre, comme s’ils s’étaient contenté de protester verbalement, et se demande “ce qu’on leur a donné à perdre”. Elle n’a pas le temps ou ne juge pas nécessaire d’expliquer cette formule obscure. 

Cette femme d’origine africaine, qui se plaint du racisme, à la connaissance de qui ne viendra jamais l’information suivante : qu’aux ÉTATS-UNIS, un noir court infiniment plus de risques d’être tué par un autre noir que par un blanc. Aux États-Unis, les statistiques ethniques ne sont pas interdites. 

La prochaine fois qu’elle sera invitée seule sur un plateau, ce sera pour dénoncer le sexisme, qui rend les femmes invisibles.

Surtout à la télévision.

 

Peinture d’illustration  : Dan Witz

DANS LA DETTE

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Entre 1999 et 2002, je me suis trouvé dans une situation de difficultés financières et d’endettement dont j’ai mis plusieurs années à me sortir. Je ne suis pas un acheteur compulsif et je ne détiens une carte de crédit que depuis peu. 

Je suis travailleur indépendant et c’est auprès de mon organisme de cotisations sociales que j’avais contracté ces dettes. Mon endettement a été le résultat de ma jeunesse, d’une certaine insouciance, mais pas seulement.

Pendant quelques années, payé à l’heure et sans aucune sécurité de l’emploi (bref, le statut d’indépendant), j’ai gagné tout juste de quoi payer mon loyer, qui était très modeste à cette époque,   mes impôts, qui l’étaient moins, malgré ma situation, et de quoi retourner en France trois ou quatre fois par an.

Par “jeunesse et insouciance”, je veux dire aussi que j’avais la naïveté de penser (ou de ne pas y penser justement) que vu ma situation, il n’y avait pas de raison que je sois contraint de payer, par dessus le marché, ce qui équivaudrait à six cents ou sept cents euros trimestriels d’aujourd’hui.

Je me trompais.

En Belgique, un travailleur indépendant aux revenus modestes et qui n’a pas droit aux allocations de chômage, paye plus pour travailler qu’il ne travaille pour gagner sa vie. La situation des indépendants n’est pas très différente en France.

Que ce soit clair : je ne considère pas, comme voudraient nous le faire croire certains politiciens et certains chefs d’état, que les personnes qui touchent le chômage, qui ont besoin pour vivre des allocations de chômage, sont des “privilégiés”. Les privilégiés sont les riches, les politiciens qui cumulent les mandats, etc.

Après avoir reçu une lettre de mise en demeure déposée chez moi par un huissier , j’ai fait connaissance avec ce qu’on appelle la machine administrative (dont le personnel, tant du côté des impôts et des cotisations que de la TVA, s’est d’ailleurs toujours montré très correct, à l’exception d’un employé de ma caisse d’assurances sociales, qui m’a très vite fait contempler la possibilité de la saisie par un huissier, doutant même que mon ordinateur puisse être considéré comme matériel professionnel).

Procédure de remboursement des trimestres en retard et demande d’exonération de certains trimestres de cotisations. Il y a d’un côté, les jurys qui décident de la recevabilité des demandes ; soumises à d’importantes restrictions bien sûr : il n’est pas question d’espérer l’exonération de toutes les cotisations correspondant à ces années où j’avais le choix entre payer mon loyer et mes impôts et payer mon loyer et mes cotisations ; et de l’autre, le passage devant un juge de paix, avec qui vous convenez des termes du remboursement.

J’ai donc remboursé, sur une période de trois ou quatre années, par mensualités de cent cinquante à deux-cents euros le montant total de mes dettes. Sauf les quelques trimestres dont on m’avait accordé l’exonération. Pendant quelques mois, deux plans de remboursement se sont même chevauchés. En revanche, un chômeur à vie à droit à une pension de retraite complète.

Il est probablement utile de préciser que tout au long de cette période, j’ai bien sûr dû m’acquitter des contributions et des cotisations sociales en cours. Il a donc fallu que je “travaille plus pour gagner encore moins”, pour citer un Polichinelle dont on voudrait nous faire croire que son successeur a été plus brillant. *

Je vous vois venir : l’impôt, c’est la solidarité.

Dans la vidéo dont le lien se trouve à la fin de cet article, Etienne Chouard explique que l’impôt sur le revenu n’a existé aux Etats-Unis jusqu’à partir du début du vingtième siècle. Il existait une banque centrale publique. C’est seulement à partir du moment où une banque privée, la mal nommée Federal Reserve, a été créée, qu’il est devenu nécessaire de créer un impôt sur le revenu afin de rembourser les intérêts sur l’argent créé par cette institution. Et c’est ainsi que le peuple américain, un des pays dont la dette extérieure est la plus importante au monde s’est trouvé englué dans un endettement sans fin.

En Europe, la situation n’a absolument rien à voir (attention esprit sardonique) puisque le pendant de la Federal Reserve s’appelle Banque Centrale Européenne et que c’est pour payer les intérêts dus à cette banque privée que nous payons des impôts, puisque le traité de Maastricht interdit aux états membres d’emprunter auprès de leur banque centrale, condamnant les populations à l’endettement, tandis que la politique anti-inflation les condamne au chômage de masse. Ce sont les autres taxes et impôts (fonciers, TVA, impôt sur la fortune, etc.) qui financent les hôpitaux, les écoles, les administrations, etc. Les cours de philosophie qui nous amènent à parler de liberté n’abordent jamais cet aspect de notre vie car s’il est une chose que la philosophie à l’école doit être, c’est abstraite de la vie réelle ou inoffensive.

Tout cela parce que j’ai la flemme de faire un compte rendu du passionnant livre de David Graeber : Dette, 5000 ans d’histoire. Je parlerai volontiers, probablement dans un prochain billet de son Bureaucratie (au titre français un peu plat en comparaison avec le titre original : A utopia of rules, c’est-à-dire “une utopie de règles”.

David Graeber est un des organisateurs du mouvement Occupy Wall Street ; il est aussi l’auteur du slogan « We are the 99% ». Pour donner une idée très suggestive de son livre, qui est anthropologue entame sa réflexion en pourfendant l’idée répandue que l’économie des sociétés anciennes ait pu reposer sur quelque chose d’aussi peu pratique que le troc, dont l’application au quotidien aurait exigé un nombre invraisemblable de coïncidences pour que l’objet proposé par le demandeur réponde aux besoins de la personne de qui il essayait d’obtenir un produit, un objet ou un service .

Dans un style très accessible et truffé d’anecdotes et d’observations, David Graeber déroule donc un panorama des modes d’échange et d’asservissement, mais aussi de don, qui ont existé jusqu’à nos jours. De l’exemple du pêcheur inuit qui retournait à son igloo totalement bredouille après une mauvaise période de pêche, pour trouver devant son igloo un phoque offert par un autre pêcheur**, à la question de savoir dans quelles sociétés il a été possible de se vendre soi-même comme esclave pour payer ses dettes, en passant par des épisodes historiques comme la guerre de Cortès, massacre inimaginable sur lequel l’auteur projette un éclairage étonnant (contestant la thèse de la pure cupidité) …

David Graeber raconte que certains malentendus fatals entre peuples sont nés de l’asymétrie entre les notions de don et d’échange qui a pu se révéler en certaines occasions. Ainsi, voyant poser le pied sur leurs rivages des hommes à la peau blanche débarquant d’imposantes machines flottantes, il n’était pas rare que les peuples indigènes décident de leur faire des cadeaux mirifiques ; les explorateurs pouvaient d’ailleurs facilement interpréter ces gestes comme un hommage à leur supériorité alors qu’ils pouvaient aussi être compris comme une demande de paix c’est-à-dire comme “l’extorsion” de la promesse implicite qu’ils ne seraient pas massacrés. Par la suite, les explorateurs pouvaient avoir la surprise, et assez mal le prendre, de voir les indigènes se saisir de ce qui leur plaisait tandis qu’ils leur visitaient leur navire.

Sur le sujet de l’argent et plus particulièrement sur les ravages de la pauvreté et de sa répression, je conseille Dans la dèche de George Orwell, qui raconte les années au cours desquelles il a vécu comme un vagabond en Angleterre et à Paris.

Sur le sujet de l’argent et plus particulièrement sur les ravages de la richesse, je recommande Nauru l’île dévastée de Luc Folliet.

 

*J’en profite aussi pour préciser en passant que j’ai eu des sueurs froides il y a quelques années, sous le gouvernement d’Elio Di Rupo, quand les professeurs de langues indépendants mais aussi les avocats, les notaires et les huissiers de justice , sont tombés, sous le coup de l’assujettissement à la TVA, qui est de vingt-et-un pour cent. Cette mesure ne m’a pas fait perdre de travail mais je suis sûr que d’autres indépendants dans ma situation ont senti passer cette nouvelle crise de rapacité gouvernementale. En ce qui concerne le recours à un avocat, il est devenu, suite à cette mesure socialiste (j’insiste), un service de riche.

**ce que Graeber n’est pas le seul à appeler “communisme en action (dans une acception dont le communisme soviétique ne serait qu’une perversion ; Graeber parle aussi du “communisme des riches ».

Illustration : John Singleton Copley, Boy with a squirrel, 1765 (détail)

 

AVANT OU APRÈS DEMAIN

Convaincre-2Alors que que le rapport de l’Union Européenne sur le glyphosate est mise au jour en même temps son caractère extrêmement douteux (même sur les médias “conventionnels”), visionner le documentaire de Coline Serreau Solutions locales pour désordre global (2010) est autant l’occasion de trouver des réponses aux questions qu’on se pose sur l’agriculture, l’environnement et l’avenir de la planète, que de trouver des réponses à des questions qu’il ne nous serait peut-être pas venu à l’idée de nous poser.

Plutôt qu’un résumé de ce film, voici un inventaire partiel et désordonné de ces questions.

– Comment le ministère français de l’agriculture récompense-t-il un cultivateur qui a réussi à recréer naturellement une espèce de pomme de terre disparue ?

–Pourquoi les pommes golden dominent-elles la production de pommes depuis des décennies ?

– Quelle discipline a disparu des études d’agronomie (du moins en France) ?

– Quel rapport y aurait-il entre l’agriculture intensive et la violence faite aux femmes en Inde ? (notamment l’élimination des bébés filles non encore nées)

– Avez-vous déjà vu une photo de bébé né sans bras ni jambes ?

– Quel est le rapport entre Monsanto et la guerre du Vietnam ?

– A quoi est censée ressembler une terre saine ?  (oui, même les adeptes de plus en plus nombreux du vermicompostage urbain en ont une bonne idée)

– Qu’est-ce que la jachère ? (La quoi !?! )

– Qu’est-ce que la “révolution des riches” ?

– Combien de planètes Terre faudrait-il pour nourrir une population mondiale qui se comporterait comme les Français ? Comme les Etats-uniens ?

– Le blé avec lequel on produit l’immense majorité des farines a-t-il bonne mine ?

– Qu’est-ce que le masculinisme ? Est-ce la réponse au féminisme ?

– Les OGM et les pesticides sont-ils la seule solution à la question de nourrir la planète ?

– Que fait l’Union Européenne pour combattre l’agriculture intensive ?

– Quelle est la différence entre un désert et un champ consacré à la monoculture ?

– « Labourage et pâturage sont[-ils] les mamelles qui sèment le pain dont s’abreuvent ses enfants » ? (cela est moins une question, pour ceux qui sauront la démêler, qu’une citation du maire de Champignac dans un album de Spirou, époque Franquin)

– Un champ stérilisé par l’usage intensif de pesticides est-il irrémédiablement perdu ?

– Quel rapport entre tout cela et le fait que le gouvernement Néo-Zélandais (du moins au moment de la sortie de ce documentaire) était en train d’étudier la possibilité de faire de la prostitution un cursus universitaire comme un autre ? *

– Quel comportement constituerait, aux yeux d’un libéral de gauche comme de droite, une aberration ? *

– Quelles conditions doivent être réunies pour qu’une truie se mette à manger ses petits ? (ce qui m’amène à la question suivante)

– L’anthropophagie est-elle la réponse à la faim dans le monde ?

– Jacques Attali est-il une fille de l’air ?

Sur cette note poétique, je clos ce questionnaire.

 

 

* Les réponses aux questions suivies d’un astérisque sont à trouver dans les entretiens avec le philosophe Jean-Claude Michéa, en bonus.

** Même chose à ceci près qu’il est possible de comprendre fille de l’air (nom de ces plantes dénuées de racines) de deux manière différentes ; la deuxième est éclairée par un entretien entre de Natacha Polony avec Jacques Attali dans lequel ce dernier nous apprend qu’il n’est pas un radis.

LE ROI EST BIEN E.U. !

En voyageant sur Internet, je suis toujours impressionné par la qualité et l’intelligence de certains blogs vidéos politiques ; je nommerai par exemple Demos Kratos, Vue autrement, Trouble fait, Les choses au Claire et Penseur sauvage, (voir liens à la fin de cet article) qui sont ceux que j’ai remarqués ces derniers temps. Ces blogs ont en commun la lutte contre la désinformation par la transmission de ce qu’ils ont appris sur des sujets qu’ils maîtrisent ou dont ils ont l’expérience ; la désinformation fonctionnant essentiellement par le relais de “vérités reçues”, c’est-à-dire de dogmes, et par l’intimidation, le chantage et l’insinuation. On la reconnait aussi à l’absence d’arguments face à la contradiction.

Ce qui me frappe d’abord, c’est de penser à l’immaturité politique qui était la mienne (je suis né en 1970) quand j’avais l’âge de ces personnes, qui ne doivent pas avoir beaucoup plus  de vingt-cinq ans. Je me console en pensant à l’exemple d’Etienne Chouard, qui, entre autres nombreuses choses instructives (nous instruisant par exemple sur la véritable nature de l’Union Européenne et sur la possibilité d’« une autre Europe ») avoue qu’il ne s’est éveillé à la politique véritable qu’à l’âge de quarante-sept ou quarante-huit ans.

Professeur d’économie, Etienne Chouard qui, je crois me souvenir, a voté pour la constitution européenne en 2005 (sur ce sujet, je recommande le documentaire diffusé il y a quelques mois sur France 3 : 2005 Quand les Français ont dit non à l’Europe, disponible sur youtube) et qui s’est “réveillé” (ce sont plus ou moins ses mots en se rendant compte que l’Europe a confisqué aux Etats membres leur indépendance monétaire en les obligeant à emprunter l’argent à une banque privée, la banque centrale européenne, à qui nos impôts (pour ceux qui ont la chance d’en payer) servent à rembourser les intérêts. Incidemment, si vous croyez que payer des impôts  sur le revenu est une sorte de devoir “citoyen” inévitable, vous apprendrez peut-être que jusqu’au début du vingtième siècle, les Américains n’en payaient pas et qu’ils ont été imposés sur le revenu à partir du moment où on a confié le monopole de la création monétaire à la Federal reserve, qui comme son nom ne l’indique pas est une banque privée ; il fallait bien rembourser à cette institution privée les intérêts dus par l’Etat auquel elle fournissait ce service ; le cercle vicieux était mis en route (Information développée par Etienne Chouard dans la vidéo dont le lien se trouve ci-dessous). Aujourd’hui, les Etats-Unis sont un des états les plus endettés au monde et ils ne cessent d’augmenter le plafond de leur dette publique.

Par “politique véritable”, j’entends, comme l’entend Etienne Chouard lui-même, la question de la participation citoyenne à la vie publique, telle qu’elle existe en Suisse par exemple, sous la forme du référendum d’initiative populaire et non, bien sûr les élections nationales, qui en ce qui concerne les questions de la loi du travail et de la politique en matière d’immigration, n’ont plus aucune pertinence (sauf à voter en masse pour une sortie de l’Union européenne en espérant que le candidat concerné ne ferait pas le coup qu’a fait Tsipras au peuple grec). Le référendum d’initiative populaire donne la possibilité à des citoyens de créer ou d’abroger des lois, par exemple. Elle est de plus en plus mise en avant et  c’est aussi une promesse électorale non tenue de François Hollande.

Comme le thème de ce blog est Mensonge, fiction et vérité et qu’on n’a que très peu l’habitude de voir la vérité en action à la télévision, je voudrais aussi en profiter pour mentionner les fictions dans lesquelles nous sommes immergés et que l’intervention de certains invités à la télévision et à la radio a le mérite d’ébranler sérieusement. Dans cette veine, les extraits de vidéos des passages à la télévision de François Asselineau ont plusieurs vertus.

La première est désagréable ; quand on a vu suffisamment de vidéos où il intervient (mais je suppose qu’on pourrait faire le même constat à partir d’autres invités non conventionnels), on se rend compte, si on n’en était pas encore conscient, du panurgisme et de l’agressivité bêlante de la plupart des journalistes de radio et de télévision et de leur manque d’arguments ; on se rend compte aussi de l’absence de pluralité fournie par le service public. Une des fictions dans lesquelles nous vivons est bien la pluralité des médias et la question de la représentativité du service public. Je me souviens des journalistes de France Inter qui avant le référendum pour la constitution européenne disaient sur les ondes sans risquer être repris par qui que ce soit : « On espère que les Français vont bien voter. » Très récemment, dans le même registre condescendant, c’est Emmanuel Macron qui après avoir dit que ceux qui ne réussissent pas à son sens « ne sont rien », enfonce le clou en déclarant : « Les Français détestent les réformes. Il faut les leur expliquer. »

La deuxième vertu des extraits d’émissions de télévision de François Asselineau est le grand plaisir qu’on éprouve à le voir mettre en sérieuses difficultés tous ces journalistes “organiques”, ce qu’il fait avec une grande aisance et sans jamais se départir de son calme. François Asselineau étant partisan du Frexit, les journalistes ne peuvent s’empêcher de décocher leurs questions pavloviennes ; mais comme ces questions sont celles que beaucoup de gens se posent et qui ne sont abordées par les grands médias que distraitement, pour ne pas dire avec dédain, finalement, on leur sait gré  de servir au moins de candides, à défauts d’être un peu plus cultivés ou plus conscients du risque d’être ridiculisés : « Vous voulez couper la France du reste du monde. ? » « Si vous ne passiez pas au deuxième tour, pour qui appelleriez-vous vos électeurs à voter ? » « Pourquoi ne vous contentez-vous pas de proposer, comme les autres candidats de renégocier les traités européens ? » « Etes-vous complotiste ? » (même si cette dernière est plus souvent une accusation qu’une question). Je vous laisse la surprise éventuelle des réponses. Encore que je ne résiste pas à l’évocation de la mine déconfite des journalistes quand Asselineau leur demande si c’est être complotiste que de relever la mise sous écoute du gouvernement Hollande ou de dénoncer l’absence d’armes de destruction massive en Irak. Démontrant ainsi en passant que comme beaucoup de mots (raciste, fasciste, homophobe, islamophobe, réactionnaire…) la seule définition fixe du mot “complotiste” est toujours : l’autre. Au passage, résisterez-vous à la curiosité de vérifier si François Asselineau est complotiste parce qu’il affirme, par exemple, que le Dalai lama est un agent de la CIA ?

La troisième vertu de l’exposition à ses réflexions et aux analyses (je parle ici plus généralement des très nombreuses et passionnantes conférences en ligne) est une bouffée d’espoir politique et économique, ainsi qu’un enrichissement historique instantané, très précieux si comme moi vous n’avez pas le temps de lire des livres d’histoire.

Par souci de pluralisme, je conseille aussi les analyses de l’économiste de droite Charles Gave. Et même si j’ai essentiellement parlé de Chouard et d’Asselineau, il y a aussi les économistes Frédéric Lordon, Bernard Friot (le théoricien du revenu universel), le site de vulgarisation scientifique astronogeek, le site Les crises d’Olivier Berruyer, Ze Rhubarbe blog entre autres… Autant de gens dont le travail fournit des occasions de gagner du temps et de la connaissance simultanément. Non pas tant à se forger une vérité dogmatique mais à apprendre à se poser les bonnes questions, ce qui est le premier devoir de la philosophie au quotidien et donc de la politique.

Suggestions :

Demos Kratos : La France est un état de droit, pas une démocratie

Vue autrement : Et pourquoi pas Mélenchon ?

Penseur sauvage : Réponse aux insoumis

Les choses au Claire : Les journalistes français, tous pourris ? – François Ruffin

Trouble fait : FranceTv m’a censuré politiquement sur YouTube.

Etienne Chouard : Sur la création monétaire et la réserve fédérale

La question hardcore posée à Etienne Chouard

Illustration : Zbigniew Rogalski ; Tracking

COPIRATE

En décidant d’écrire sur ce qui suit, je me suis d’abord dit que je m’éloignais de mon sujet, qui est Fiction et littérature. Mais pas tant que cela en fait puisqu’il va beaucoup être question de fictions, mais de fictions que nous vivons.

A en croire certaines séries américaines, il est devenu acceptable pour un homme (prendre homme au sens large qui englobe aussi bien le mahatma Gandhi que Sarah Palin) de pouvoir répondre à une objection : « Obviously I… » suivi de la négation de ce qu’on vous reproche avant de (ne pas vraiment) répondre. Exemple : « Monsieur ou Madame X, en promettant de ne licencier aucun de vos employés avant d’annoncer soudainement leur licenciement, vous avez montré un certain mépris pour (au choix) leur conditions de travail, les lois syndicales, la vérité, etc. Réponse : « Il est évident que j’accorde une grande importance aux conditions de travail, aux lois syndicales, à la vérité, etc. mais permettez-moi de vous dire que, etc. »

On ne dira pas assez la capacité de sidération de toute expression de déni, que les propos concernés contredisent d’autres propos tenus par la même personne ou des actes.

Le documentaire Les règles du jeu, réalisé par Claudine Bories et Patrice Chagnard, nous fait suivre une poignée de jeunes sans diplômes pris en charge par un cabinet  payé par le gouvernement pour aider gratuitement ces jeunes à trouver du travail. Plus ou moins sympathiques, les protagonistes de ce film en sont l’âme, et sont tous attachants parce que tous s’apprêtent à sacrifier une innocence que le spectateur, qui est probablement un familier de ce qu’on appelle “la vie active” a perdue depuis longtemps. Une des nombreuses choses qui m’ont frappé est le commentaire d’un des deux auteurs, enregistré dans les suppléments, parlant de la seule jeune fille intervenant dans le film, une Lolita taciturne, butée et de bonne volonté ; dans ce commentaire, l’auteur expose la violence symbolique, c’est-à-dire la persuasion, le formatage nécessaires pour que ces jeunes gens renoncent à des valeurs que les auteurs disent profondément ancrées dans les milieux populaires, qui sont celles de vérité, de sincérité, quand tout ce qu’on leur apprend, pour “se vendre” en entretien d’embauche est de près ou de loin associé à des tactiques de mensonge. Incidemment, les auteurs remarquent que nous baignons tellement dans une atmosphère de mensonge que nous ne nous en rendons plus compte (qu’on se rappelle, par exemple, que rien dans la constitution de la cinquième république ne contraint le président élu à tenir ses promesses).

Récemment, j’ai moi-même postulé auprès d’une société ; mais contrairement à Kevin, Lolita, ou Karim, j’ai eu la chance de naître dans un milieu qui m’a préparé en très large partie à ce jeu de rôle… Du moins jusqu’à un certain point. Je vis à Bruxelles et c’est à la vénérable Alliance française que je me suis adressé. Lors d’un entretien qui a duré une bonne heure, au cours duquel je suis allé de surprise en surprise, j’ai eu l’occasion de reconnaître la formule négatrice « Il est évident que… ».

L’Alliance française du moins en Belgique, n’engage que des travailleurs indépendants, dont je suis et « Il est évident que » cette vénérable organisation est consciente des contraintes du statut d’indépendant (je simplifie pour les chômeurs et les employés : payé à l’heure ou à la livraison de commande, pas de congés payés, pas de chômage, aucune sécurité d’emploi, des charges sociales non proportionnelles aux revenus, ce qui veut dire qu’en période difficile on doit s’acquitter d’une base trimestrielle de quelque 800 euros, même s’il faut pour cela sacrifier une partie de son loyer ou de ses courses pour pouvoir les payer, situations qu’ont connue et connaissent beaucoup d’indépendants).

Traduite du français au français : la formule « Il est évident que nous sommes conscients des contraintes du statut d’indépendant » signifie : « Nous sommes prêts à DIRE tout ce qu’il faut si cela suffit à faire croire que nous ne nous en fichons pas royalement. »

Comment l’Alliance Française se montre-t-elle « consciente » ? Eh bien en le disant et en vous regardant dans les yeux, avant de vous expliquer que vous êtes « encouragé » à suivre des formations afin de vous aider à vous glisser plus facilement dans le moule de « la marque AFBE » (Alliance française Belgique ; où on est très friands de sigles). L’Alliance française est aussi inventive que la langue dont elle promeut l’enseignement puisque, ayant lu le contrat en quatorze pages et 30 points en petits caractères, je suis amené à comprendre qu’ « encouragé » signifie « contraint » à suivre au moins deux formations par an, dont, après relecture du contrat, je m’aperçois que ces stages sont effectués AUX FRAIS DE L’ENSEIGNANT. C’était tellement gros que cela m’avait échappé à la première lecture.

L’autre point qui me fait basculer davantage dans la fiction vécue et m’a persuadé de ne pas travailler avec cette vénérable institution est la question des droits d’auteur, dont on a eu la délicatesse de ne pas me parler en face. Lisant toujours le sympathique contrat en quatorze pages et 30 points en petits caractères, j’apprends que le professeur indépendant travaillant pour l’Aèfbéeu renonce intégralement à la paternité des documents qu’il crée dans le cadre des cours qu’il donne pour cette vénérable institution. Avec permission donnée à l’AFBE, stipulée par le contrat, de modifier les documents en question à leur guise, ce qui a le grand courage de contrevenir aux bases même de la propriété intellectuelle.

Et là je dois saluer la grande ingéniosité d’un organisme bien conscient de ne pas rémunérer le travail de préparation de cours donnés par ses professeurs indépendants, préparation dont la création éventuelle de documents pédagogiques ne représente qu’une partie. L’Aèfbéeu en est tellement consciente qu’elle rend hommage à ses professeurs indépendants en s’appropriant le fruit de leur travail, ce qui est le plus grand compliment qu’elle puisse leur faire puisque la création n’a pas de prix.

C’est une autre raison pour laquelle je ne puis malheureusement pas me résoudre à travailler pour ce vénérable organisme, étant en train de me renseigner auprès d’un juriste spécialisé dans les droits d’auteur sur la possibilité de faire passer une partie de ce que je facture en propriété intellectuelle (en vertu de l’extension juridique récente de cette notion), ce qui serait une autre manière de faire reconnaître mon travail. Malgré le caractère d’hommage qu’aurait représenté la confiscation de mes droits d’auteur, je n’aurais pu m’empêcher de me sentir, ingrat que je suis, un peu lésé.

 

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